C'Era Una Volta

Cera Una Volta

Pour son anniversaire, Salvatore Origlio s'est offert : un répertoire, un enregistrement et pour l'instant deux concerts de lancement avec deux quartets "haute couture".
Grenoble a été la plaque tournante de l'immigration italienne de l'entre deux guerres, quoi de plus naturel que ceux qui y vivent désormais et qui sont dans l'âme des "amateurs d'opéras" chantent et jouent ces mélodies intemporelles qui hantent la mémoire collective : Nino Rota, Ennio Morricone, Giacomo Puccini et dorénavant Alfio Origlio.
Salvatore Origlio est depuis quelques années déjà celui qui rassemble, espèce d'Art Blakey isérois, même stature, même chevelure blanche et même passion de réunir autour de lui ce qui constitue le "best of" du moment.
Très secondé bien sur, "j'ai la chance d'avoir un fils pianiste" avoue-t-il, par Alfio en directeur musical attitré, le très fin mélodiste et l'arrangeur que nous ne cessons de découvrir, il y avait ce soir, et très curieusement c'était la première fois qu'ils jouaient ensemble, l'immense saxophoniste Gaby Schenke.
Pour ce soir c'est évident, elle aura donné la version féline, câline, lyrique et sensible de son ténor.
La Pearl bleue et ses quatre Sabian brillantes trône dans ce jazz club d'exception, le piano est de qualité, l'éclairage et la sonorisation également, les musiciens et amateurs grenoblois ont la chance de pouvoir en profiter.
Place à l'émotion, Federico Fellini et Nino Rota sont à l'honneur : La Strada pour mise en bouche.
Les introductions d'Alfio sont toujours virevoltantes, elles jugèrent très délicatement le thème qui va venir, elles se développent autour des harmonies qui lui sont définitivement personnelles puis l'évidence de "l'aria" : C'era una volta l'America pour l'autre couple indissociable réalisateur/compositeur Sergio Leone et Ennio Morricone.
Evidemment Alfio a composé quelques titres originaux pour l'occasion : On The Rise puis Acrobatics avec une longue introduction par Jean-Pierre Comparato contrebassiste solide et inventif qui nous ramènent à un be bop que son batteur de père affectionne particulièrement.
Le gig de ce soir s'aventurera vers d'autres thèmes que la stricte relecture de l'excellent album fraichement gravé et pour rester dans l'ambiance, le célébrissime Largo obsessionnel de la Tosca de Puccini.
Puis un second set qui démarrera sur les chapeaux de roues avec Con Alma de Dizzy jusqu'à la Caravan débridée en rappel, en passant par le désormais standard 07 d'Eric Prost et le très swinguant Beebob.
Avec les roulements d'un Salvatore Origlio enjoué et fier de présenter un quartet aussi élégant qu'efficace, ils se sont/nous ont fait un grand plaisir des sens avec un jazz intemporel, autant émotionnel que revigorant, d'airs envoutants et d'improvisations aventureuses.

Philippe Simonci

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