C'Era Una Volta

C'era una Volta

C'era una volta
Il était une Fois

Drôle d'imparfait, qui renvoie à la perfection d'un moment unique, ni passé, ni avenir.
Mais dont la fondamentale vertu est de se dérouler en un autre temps et autre lieu.
Puisque l'incantation rituelle propitiatoire de tout Conte, comme l'a souligné le grand maître de la question (Vladimir Propp, Morphologie du Conte) a d'abord pour effet d'ouvrir l'espace de l'imaginaire et du rêve, et de nous transporter sur le tapis volant de Mille et une nuits, en cet espace où il devient possible de vivre une autre vie, une autre histoire : « Il était une fois ».

Il était une fois donc, un disque, qui pour faire référence à quelques moments essentiels de la culture cinématographique et musicale italienne de ces dernières décennies, est loin de s'enfermer dans la nostalgie, mais tient à célébrer la création en tout âge, passé comme à venir.

Bien sûr, l'art populaire italien a fourni ses premiers matériaux, la source d'inspiration du disque, puisque le jazz a nourri l'imaginaire d'un peuple en partance, chassé de sa terre par la faim et la misère : l'Italie du Sud et la Sicile.
Et dans n'importe quel village de Naple à Palerme, les Raggazzi (Pier Paolo Pasolini) écoutent Les Jazz Messengers et Duke Ellington.
De là à imaginer ... « C'era una volta in América », et pour Salvatore Origlio, à y puiser la jeunesse de quelques thèmes, il n'y a qu'un pas.

Nous trouverons donc dans ce CD quelques beaux thèmes (La Strada, C'éra una volta in América, Amarcord, Cinema Paradiso) mis en musique par les plus grands compositeurs italiens - Nino Rota, Ennio Morricone - et arrangés pour une formation en quartet (Salvatore Origlio : drums, Malcolm Potter : contrebasse et chant, Eric Prost : saxophone ténor et Alfio Origlio : piano et arrangements.

Mais comme la poésie est un métier de pointe (René Char) la musique ne saurait se figer dans la célébration du passé.
« Il était une fois » donc une musique d'avenir : Alfio, Eric et Malcom ont voulu apporter leur contribution personnelle à ce disque.
« Il sera donc une nouvelle fois », avec Alfio au Fender Rhodes et à la composition, un blues tout ce qu'il y a de plus fol et bien bâtit comme nous attendons de cette musique : Bee bob pour ne pas jouer sur les mots.
Et puis la célébration pudique de quelque beau mois d'été par Eric Prost : 07 avec ses fruits ensoleillés, dans ce thème en majeur et en douceur.
In Rise la bien nommée composition d'Alfio, ménage une belle progression, de l'introduction recueillie aux chorus débridés.
Enfin dans At last (chanson de Mack Gordon / Harry Warren) but not least, la voix légèrement voilée mais si juvénile, si claire paradoxalement de Malcolm Potter peut mettre une touche finale à cet élégant « ricord ».

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