Jess Koren & Ofern Ganor Quartet ou l'histoire d'un quartet éphémère au Jazz Club de Savoie

Jess Koren et Ofern Ganor Quartet

Alors qu'ils partageaient un repas chez eux, en Israël avec leur ami, professeur de math à Grenoble, les musiciens ont proposé à cet ami de leur organiser quelques concerts en France.
Ce dernier bien que non familier de la chose s'est pris au jeu et un an et demi après a pu faire venir, pour deux dates dans le sud de la France puis deux sur la région Rhône-Alpes ces deux musiciens qui ont tourné avec une liste impressionnante de stars du jazz.
Natif de Paris et vivant en Israël, le saxophoniste Jess Koren a partagé scène et enregistrements de Dizzy, Gerry Mulligan, Zoot Sims, la liste est longue.
Un chapeau flanqué sur la tête, jouant avec un certain déhanchement, il rapporte des Etats-Unis une allure de cowboy.

Venant de Jerusalem, Ofer Ganor est quant à lui plus discret, enfin sauf quand il joue car sa guitare a aussi côtoyé de nombreux instruments, la trompette de Winton Marsalis, les claviers d'Herbie Hancock ou les sax de Wayne Shorter et croyez moi au travers d'une technique irréprochable d'une vélocité exemplaire, il possède un son assez rare.

Pour compléter ce quartet il fallait donc deux autres musiciens qui en outre formaient la rythmique. Pour l'occasion l'honneur fut donné à Yves Guyon à la contrebasse et Salvatore Origlio de se prêter à l'exercice, pas si évident, d'accompagner de tels musiciens.
D'autant plus que bien qu'ils se soient entrainés à ce travail la veille au jazz club de Grenoble, le répertoire proposé ce soir au Jazz Club de Savoie était différent.

Le premier set débuta avec Come rain or come shine de Wes Montgomery dont la guitare d'Ofer Ganor fait éminemment référence.
Malgré des compositions plutôt enlevées, Anthropology, Tea for two... ce premier set eu un effet soporifique sur une partie du public qui piqua du nez, tant bien que ceux-ci allèrent rejoindre morphée dés la dernière note de Lady be good qui signa la fin de ce set.
A tort ! La bonne moitié des spectateurs restés vaillant pourront le confirmer.
Car le deuxième set fut plus dynamique, les musiciens peut-être plus en place plus décontractés, allez savoir ?
Il n'empêche que ce deuxième set valait à lui seul le détour et l'on peut remercier celui qui a fait venir en ce lieu Jess Koren et Ofer Ganor pour cette suite d'interprétations de haute couture qu'ils nous ont offert.

Wess Montgomery était toujours à l'honneur pour l'ouverture avec Full House.
Yves Guyon a eu son heure de gloire sur Blues in the closet d'Oscar Pettiford, Jess Koren a déconstruit avec génie Mack The Knife, Ofer Ganor n'a pas arrêté de nous surprendre alors que Salvator Origlio jubilait sur Caravan qui aurait du conclure ce set.
Mais un roulement de tambour annonciateur en a décidé autrement et sans concertation le quartet se lança sur un magnifiquement interprété, Blues march.

Israël ce n'est pas à coté mais espérons toutefois que leur première parution dans ce lieu ne soit pas la dernière.

Philippe Morel & photos Jack Urvoy